Dans quelques semaines, le 9 novembre pour être précis, nous fêterons les 20 ans de la chute du mur de Berlin . Le but de cet édifice était
d’empêcher les Allemands de l’Est de passer à l’Ouest. Il accentuait ainsi les différences entre les deux parties de Berlin, entre les deux mondes et modes de vie. A l’époque nous appelions cela, à
juste titre, le mur de la honte.
Des exemples tendent à prouver que l’Histoire n’est pas toujours retenue par tous.
Parlons du Brésil, où le gouvernement de l’Etat de Rio de Janeiro construit un mur pour « protéger la forêt atlantique ». Ce rempart délimite surtout les favelas et limite leurs expansions. Les plus pauvres se sentent ainsi encore plus séparés des classes moyennes et des plus riches.
Remontons un peu plus au nord et regardons un peu le cas de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Bien que les deux pays coopèrent au sein de l’ALENA, Georges Bush avait décidé, soutenu largement par les parlementaires, la construction d’un mur de plus de 1 100 kilomètres de long pour signifier la limite entre les deux nations, pour endiguer le trafic de drogues et l’immigration clandestine. Etait-ce la lubie d’un homme ? Le nouveau président américain, Barack Obama a annoncé à son tour qu’il allait accentuer ce combat. Il va accroitre les contrôles autour de ce mur. Ce n’est donc point le rêve d’un homme mais bien la volonté d’un Etat.
Changeons de continent, les Israéliens continuent de construire un mur de près de 700 kilomètres de tracé pour se prémunir des Palestiniens. Ainsi, ceux-ci se sentent parqués dans un ghetto. Est-ce ainsi que l’on va réussir à créer un climat propice à une paix durable ?
Les murs sont-ils seulement la représentation des positions figées et intransigeantes des hommes où ont-ils réellement un grand intérêt dans les faits ? En stigmatisant sans cesse certaines populations, ne sommes-nous pas en train de creuser le lit des extrémistes, des bandes armées ?
Le périple
européen de Barack Obama le conduit actuellement en Turquie. Après Londres, pour le G20, puis Strasbourg pour le soixantième anniversaire de l’OTAN, le président américain est actuellement à
Ankara. C’est intéressant de voir que le nouvel élu a choisi de se rendre en Turquie et qu’il considère ce pays comme européen. S’il ne pouvait pas manquer le G20 et le sommet de l’OTAN, il
n’avait aucune obligation de se rendre en Turquie, cela est tout de même évocateur de l’important de ce pays.
La ville d’Istanbul a-t-elle plus de valeur aux yeux des Américains que celle de Paris ?
Barack Obama souhaite aider la Turquie à entrer dans l’union européenne alors que Nicolas Sarkozy a encore rappelé son hostilité à ce projet. Tout le monde s’accorde pourtant à dire que la Turquie est un pays stratégique. Le président français a tenu à réaffirmer que c’était à l’Europe de choisir comme s’il avait peur que Barack Obama allait tout changer sur le pays.
L’adhésion de la Turquie doit-elle être un sujet de cette campagne européenne qui n’a toujours pas commencé alors que le scrutin a lieu dans 2 mois ? Sinon quels peuvent être les différents sujets, liés à cette élection, qui ne tiennent pas de la politique locale ?
Il ne s’agit
pas d’évoquer les résultats du G20, les dépenses engagées et les résultats à venir. Les médias du monde entier se félicitent de la réussite du sommet. international, de la place de plus en plus
importante de la Chine et des pays émergeants. Non, il s’agit de parler de l’Afghanistan.
Les forces de l’OTAN et de ses alliées ont investi l’Afghanistan depuis la fin de l’année 2001 pour renverser les Talibans puis pour réinstaurer une nouvelle gouvernance, plus favorable aux Occidentaux et plus respectueuse des droits de l’homme et de la femme. Souvenons-nous que les Talibans avaient été pourchassés pour avoir refusé de livrer Ben Laden et aussi pour leur non respect de certaines règles des droits de l’homme (mettons de côté les potentiels aspects économiques).
L’alliance a donc mis au pouvoir Hamid Kerzaï et ses amis. Nous pourrions donc nous attendre à des avancées. Et bien à part le fait que le nombre de morts augmente jour après jour. La France a déjà perdu 27 hommes. Au niveau des droits des hommes et des femmes, nous pourrions avoir l’impression que les choses n’ont que peu évoluée. Cette semaine, le président afghan a signé une loi stipulant que "sauf si l'épouse est malade ou a une maladie que des rapports sexuels pourraient aggraver, l'épouse est tenue de donner une réponse positive aux désirs sexuels de son mari". Cette loi empêcherait aussi les femmes de sortir de chez elles sans l’accord préalable de leur mari. Cette loi ne s’appliquerait qu’aux Chiites. En plus, on tombe dans le communautarisme.
Dire que des hommes ont perdu la vie pour cela. Même les Américains concèdent que le terrorisme est plutôt implanté au Pakistan. Bien que nous n’ayons aucunement le droit d’ingérence sur les lois afghanes, il serait bon que la communauté internationale face pression pour que les femmes puissent être respectés comme tous les êtres humains.
En Juin, le week-end du 6 et 7, nous aurons à élire nos députés européens. Ce scrutin est important car de nombreuses lois régissant notre pays
découlent simplement de projets votés par les parlementaires des 27 pays. L’enjeu du scrutin n’est pas de marquer une approbation ou une négation de la politique nationale mais bien de définir un
projet pour l’Europe.
Si l’on regarde bien le discours des prétendants, il y a peu de propositions et beaucoup de critiques vis-à-vis de notre gouvernement. Il faut tout de même être conscient que les députés européens ne renverseront pas Nicolas Sarkozy et ils n’auront que peu les moyens d’influer sur la politique nationale étant donné qu’il faudrait une majorité de parlementaire européens du même avis. Or notre politique gouvernementale, qui peut être critiquée, correspond à une des politiques les plus protectrices en Europe (chômages, retraites, temps de travail, congé divers, etc.…).
Le plus frustrant pour les électeurs qui s’intéressent vraiment à cette élection est de voir tous les ténors politiques s’en servir pour se préparer à la campagne présidentielle. C’est tout de même fort dommage de dénaturer l’enjeu d’un scrutin. Les élections européennes ne doivent pas être le tremplin pour d’autres élections mais bien considérées comme des élections importantes.
Que devons-nous espérer pour l’Europe ? Une Europe des Nations, une Europe des régions, un Etat Européen ?
Il y a des propos qui indignent surtout lorsqu’ils sont émis par un haut dignitaire. Il y a des situations inacceptables et qui pourtant ne font pas bondir de leur fauteuil les
hauts responsables de l’ONU.
Prenons un exemple simple. En 2007, pendant que les Français se mobilisaient pour leurs élections présidentielles, en Mauritanie, les habitants votaient pour leur nouveau président : Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. C'est le premier civil, depuis près de 30 ans, élu démocratiquement sans fraude massive depuis l'indépendance de la Mauritanie.
Comme tout gouvernant, il apporta espoir au début de son mandat mais par la suite les choses évoluèrent. En Août 2008, la junte militaire a réalisé un putsch. Les militaires ont repris le pouvoir dans un pays divisé. L’union africaine a donc décidé de jouer le rôle de médiateur. C’est donc le fameux Colonel Kadhafi.
Cet homme, que la France a accueilli avec tous les honneurs, a simplement déclaré qu’il fallait accepter le fait accompli du coup d'Etat. Ainsi toutes les démocraties devraient se méfier car le dirigeant libyen valide la prise de pouvoir par la force contre la démocratie. Alors bien sûr, le nouveau dirigeant de la Mauritanie promet des élections dans quelques mois, mais dans quelles conditions se dérouleront-elles ?
En tout cas, les propos tenus sont inacceptables et il serait bon que le gouvernement français prenne position et cela soit par l’intermédiaire de Madame Rama Yade, soit par Bernard Kouchner, soit par Nicolas Sarkozy.