Vendredi dernier, le conseil municipal devait
évoqué le sujet des sans-papiers et du développement solidaire. Voici l’intervention que j’aurais du produire.
Le sujet d’immigration est un sujet tabou. Année après année, gouvernement après gouvernement, la gauche et la droite se sont évertuées à ne pas regarder le
problème pour feindre qu’il n’existait pas. Il est toujours plus facile de vivre en niant les problèmes qu’en les affrontant. Mais le souci demeure et jour après jour, la situation empire car le
sujet n’est pas pris au sérieux. Par contre, les gouvernements successifs ont tout de même tenté des mesures rustines.
Souvenez vous en 1990, Michel Rocard disait « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa
part ». Je crois qu’il avait raison. La France manque d’emplois, manque de logements pour faire vivre dignement tous les habitants qui y séjournent actuellement. Pensez-vous normal que des
gens vivent sous des tentes ou dans des chambres insalubres ? Moi, non.
Trouvez-vous normal que des SDF soient obligés de trouver refuge sur l’Esplanade François Mitterrand ? Moi non. Bien sûr, il existe des logements inoccupés
mais cela ne suffit pas à loger tout le monde. Alors imaginons si nous accueillons encore plus de misère les problèmes que nous rencontrerions pour pouvoir offrir des conditions acceptables de
vie.
Ensuite, en 1998, avec Chevènement, le PS (dont M. le Maire, ici présent) a durci les conditions mais sans aller au bout du sujet, sans aborder en profondeur les
problèmes rencontrés, la vie des immigrés. Puis il y a eu les lois Sarkozy puis son accession à la présidence de la république et enfin la création d’un ministère de l’immigration, de
l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.
Ce petit récapitulatif est important. Il prouve que ce sujet est vraiment épineux et que nous avons tous une part de responsabilité vis-à-vis de la situation
actuelle. Le gouvernement aura eue au moins le mérite de mettre les pieds dans le plat, d’aborder le sujet sans tabou.
Dans le nom du ministère dirigé aujourd’hui par l’ancien proche de Ségolène Royal, Eric Besson, apparaissent 4 sujets importants qui sont liés. La motion présentée
aujourd’hui traite de l’immigration mais je pense que nous devrions aussi aborder la question de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.
La politique du chiffre évoquée par Catherine est à mon sens insupportable. Les hommes et les femmes ne sont point du bétail. Donner des objectifs chiffrés en terme
de reconduite à la frontière me semble tout simplement déplacé.
Par contre, que le gouvernement lutte contre l’immigration clandestine et cela me semble cohérent. Le problème, vous le savez tous est qu’aujourd’hui un sans papier
ne peut se loger, ne peut travailler donc ils sont exploités. Aujourd’hui des marchands de sommeil, des passeurs, des proxénètes vivent chichement de la situation. En tant qu’être humain, nous ne
pouvons accepter cela. Il faut donc lutter contre ces filières qui se nourrissent de la misère humaine.
Etre sans papiers n’est pas rose, être sans papiers c’est être clandestin. Clandestin oui, criminel non. Gommons les clichés. Tous les sans-papiers ne sont pas des
personnes qui sont entrées illégalement en France.
Dans la grande majorité des cas il s’agit de personnes qui d’après l’administration n’y ont plus leur place. Parfois, cela peut s’avérer justifié, parfois cela
semble plus aléatoire. Le rôle des associations est important, il est de conseiller, d’accompagner les étrangers en situation irrégulière pour défendre au mieux leur droit. Je m’associe à tes
propos, Catherine, pour féliciter RESF et Turbulence pour le travail quotidien réalisé auprès de ses hommes et ses femmes en souffrance.
Mais je pense qu’en tant de commune, en tant qu’élus nous pouvons aller plus loin que de simples cérémonies symboliques consacrées aux soutiens des sans-papiers.
Nous pouvons aussi avancer sur les sujets de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.
Nous avons, sur Noisiel, de nombreuses associations culturelles vantant les mérites des cultures étrangères très souvent monoculturelles. C’est bien, mais cela
provoque un certain repli communautaire. Pourquoi ne créerions nous pas une association multiculturelle permettant à ces gens de s’imprégner des valeurs françaises mais aussi de partager les
cultures des autres pays d’origines de Noisiéliens. La France puise sa force dans la diversité, dans sa mixité culturelle, Noisiel devrait le faire à son tour.
Connaissant mieux les valeurs portées par la France, les personnes d’origines étrangères pourront mieux s’intégrer, plus facilement trouver un emploi car ne
détournons pas les yeux et regardons la vérité en face. Les personnes d’origines étrangères ont plus de difficultés à obtenir un travail.
Pour ceux qui sont sans-papiers, cela les aidera à mieux défendre leur dossier vis-à-vis de la préfecture.
N’oublions pas que le rejet et la crainte de l’autre proviennent souvent d’une méconnaissance.
Concernant le développement solidaire, il semble que la majorité municipale ait déjà comme une idée en tête. Nous demandons donc plus d’éclaircissement sur les
projets, sur les sommes investies, nous ne sommes en aucun cas opposés à cette démarche tant que celle-ci se fait en toute transparence et dans le but d’aider au mieux les populations du Bénin et
non pour profiter de voyages payer par les concitoyens.
Le développement solidaire est une étape importante, nécessaire. Il est important que chacun puisse vivre, se nourrir prêt de chez soi et ne soit pas obliger de
quitter famille, amis, terre de naissance pour espérer trouver un avenir plus radieux. Or une fois arrivée, l’herbe est bien souvent jaune et non verte. Donc soyons ambitieux, et aidons les
hommes et les femmes des pays à vivre chez eux en accompagnant les associations Noisieliennes dans des démarches pour obtenir des subventions et montons avec eux des projets ambitieux pour les
familles qui vivent encore au Pays.
C’est possible, le gouvernement le permet, et il a même augmenté fortement les sommes alloués aux actions de développement solidaire. La mairie de Val de Reuil a
participé par exemple à la construction d’un centré de santé au Sénégal et sont en cours de construction une maternité, un dispensaire et un logement pour le médecin et en cours d’acquisition des
équipements médicaux et une ambulance.
Je vous propose donc que la ville aille plus loin que de simples parrainages symboliques en ayant une véritable politique d’intégration des populations et de
développements solidaires.