La gauche sait critiquer. Elle le démontre, jour après jour, et d’ailleurs c’est à peu près le seul moment où elle est unie. Elle continue de se chercher tout en étant de plus en plus brouillonne. Nous pourrions penser que le coup réussi contre la loi Hadopi ressouderait les troupes. Mais ce n’est pas le cas.

 

Le PC et le PG n’ont pas réussi à fédérer autour d’eux les partis d’extrême gauche et se lancent dans un tout petit « front de gauche ». Cela n’empêche pas l’ancien PS, Jean-Luc Mélenchon de dire que voter PS aux élections européennes ne servirait à rien.

 

Nous pourrions imaginer en lisant les propos du fondateur du PG que le PS glisse petit à petit vers le centre. D’ailleurs les propos de François Hollande, soutenu sur ce sujet par les amis de Ségolène, sur une discussion avec François Bayrou tendent à nous le faire croire. Mais celui-ci est attaqué par la frange gauche du parti géré avec virtuosité par Martine Aubry car les alliances avec les centristes avaient été rejetées à Reims.

 

Pourtant la manœuvre de l’ancien premier secrétaire socialiste est logique. Le pas de deux entre le leader orange et Dominique de Villepin, deux grands opposants à Nicolas Sarkozy, risquant de rapprocher l’électorat Modem vers la droite, les propos de l’ancien compagnon de Ségolène Royal viennent troublés cette possible alliance en vue de prochaines élections. Alors le dilemme qui se pose au PS, faut-il perdre avec la gauche ou gagner avec le centre ?

 

Mais si le parti de la rose n’était déchiré que par des questions d’alliances, cela irait encore. Sur des sujets forts, les leaders sont divisés : sur l’immigration, M.Valls, et ses partisans, ont une position qui va à l’encontre de son parti, sur la loi Hadopi, Jack Lang, la référence culturelle du PS, annonce qu’il votera pour la loi.

 

Alors y a-t-il un socle commun, un programme, des idées qui regroupent ses personnes au sein d’un même parti (autre que l’anti-droite) ? Au lieu de vouloir reconstruire la maison socialiste sur des fondations effritées, ballantes, ne serait-il pas mieux pour la politique française, dans son ensemble, que la gauche se recréée une base de valeurs, de grandes lignes ?

 

A l’heure actuelle, si les Français désirent sanctionner le gouvernement, ils peuvent choisir une multitude de partis (NPA, PC, PG, Les Verts, PS, MODEM, CPNT, MPF, FN) mais s’ils veulent une vraie alternative crédible qui pourrait porter ces fruits, là, c’est le néant.

 

Les électeurs doivent-ils seulement pour ou contre le gouvernement à chaque élection ?

 

Publié dans : National
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