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Le temps passe inlassablement et les observateurs spéculent invariablement. Et pourtant, les jours, qui s’écoulent les uns après les autres, nous rapprochent du scrutin des
élections européennes. Alors les commentateurs politiques parlent-ils des enjeux, des propositions des uns et des autres ? Non, et d’ailleurs pourquoi le feraient-ils alors que les hauts
dirigeants scrutent déjà une autre échéance : Le remaniement ministériel.
Deux ministres quitteront leur ministère à l’issue de l’élection : Mme Rachida Dati et M. Michel Barnier. Donc la France politique entière s’intéresse à ce bouleversement qui ne changera pas la vie des Français qui assisteront simplement à un jeu de chaises musicales.
M. Claude Allègre reviendra-t-il au gouvernement comme un gage de la poursuite de l’ouverture ? Si l’on écoute M. Pierre Moscovici, le PS en est persuadé. Les écologistes émettent de sérieuses réserves étant donné les déclarations de M. Allègre sur le réchauffement climatique.
M. Michel Mercier trésorier du Modem va-t-il quitter les oranges ? Comment un membre du parti antisarkozyste pourrait-il succomber aux sirènes de l’Elysée ? Les démocrates se penchent de plus en plus sur cette hypothèse et craignent aussi les remous provoqués par ces spéculations.
Même au sein du gouvernement, certains ministres lassés de leur portefeuille souhaitent évoluer et le font savoir. Et pourtant lorsque l’on écoute les conseillers de l’Elysée, il semblerait que cette valse ministérielle soit réduite aux minima. Journalistes, politiques n’attendent que cela alors que les ministres doivent continuer à travailler. L’exemple le plus probant est celui de Jean-Louis Borloo qui aujourd’hui, réunit une fois de plus les acteurs les plus polluants au monde pour arriver à un accord à Copenhague (en fin d’année) ou alors Martin Hirsch qui lance le RSA.
Comment peut-on inciter les gens à s’intéresser à une élection alors que les politiques eux-mêmes ne s’y intéressent pas ? Et si le remaniement était l’arme anti-élection ? En détournant les regards du scrutin mais ensuite en déviant les analyses post-résultats car le microcosme politico-journalistique aura les yeux rivés sur l’Elysée pour écouter le nom des vainqueurs et ceux des perdants d’un simple jeu de chaises musicales.
Soyons optimistes, il reste deux semaines, celles de la campagne officielle. Peut-être que nous entendrons parler un peu plus des programmes, des visions pour l’Europe que de l’Elysée et du futur remaniement, ou des critiques sur l’action du gouvernement français en France.
Alors à quand le prochain remaniement ? Avant les élections régionales, cantonales ou sénatoriales ?