Les faits divers sont toujours difficiles à digérer.
La pression de l’émotion publique pousse les dirigeants à s’enflammer, à devenir plus sévères les uns que les autres. Le jeu politique ajoute un peu de piquant à cette cuisine. Résultat, nous
sommes servis avec des plats tellement épicés que l’on en perd la raison.
Prenons l’exemple funeste de la joggeuse kidnappée puis tuée par un homme déjà condamné pour la séquestration et le viol d’une adolescente de 13 ans. Certes la mort d’une personne est
toujours un acte dramatique mais pour autant faut-il de suite employer les grands mots ?
Le Front National critique le fait que Nicolas Sarkozy n’ait pas mené une action qui permette de « neutraliser » les fautifs tandis que M.Lefebvre parle de « castration chimique ». Les crimes
sexuels sont horribles, mais faut-il pour autant en arriver à des situations de non-retour ? Dans le procès d’Outreau, qu’aurions-nous fait ?
Tue-t-on tous les meurtriers, dont ceux de la route. Non, on les rééduque, du moins on essaye. Le problème est que la prison concentre aujourd’hui des personnes à difficultés sans pour
autant les aider, sans leur fournir un suivi médical ou social. Le vrai problème est là.
Tant que la prison sera considérée uniquement comme un lieu d’enfermement, nous nous retrouverons face à des problèmes similaires.