Les politiques aiment être repris dans les médias. Ils aiment aussi être entendus. Lorsqu’ils s’expriment, ils envoient de nombreux messages. Ils
peuvent être explicites ou implicites. Le message principal n’est pas forcément dans la tournure de la phrase, ni son sens mais bien dans l’utilisation des termes employés.
Voyons cela avec deux exemples : Eric Besson juge que le débat sur l’identité nationale se passe bien. Il argumente que moins d’un tiers des commentaires sur le
site dédié au débat concernant l’immigration et l’islam. A première vue, il minimise la portée de la corrélation entre l’immigration et l’identité nationale. Mais on peut aussi comprendre que
près d’’un tiers des messages concerne ces questions et donc que les Français jugent que l’immigration et l’islam posent problème à l’identité nationale. Est-ce que l’ex-socialiste fait un clin
d’œil à l’extrême droite ?
Prenons une deuxième phrase. Il s’agit de propos de Nicolas Sarkozy : « je crois au travail et je crois à la famille ». Ainsi dit, on se rapproche un peu d’une
devise que l’on connait tous : Travail, Famille, Patrie. Là aussi le choix des mots est bien pesé. Non, il ne faut pas croire que Nicolas Sarkozy a un lien de parenté avec Pétain. Par contre, il
réalise un véritable appel du pied à l’électorat de la droite traditionaliste voire nationaliste.
Le choix des mots est vraiment important. Il peut dénaturer totalement le message.