La commission
européenne a annoncé l’autorisation de culture de « l’Amflora ». Il s’agit d’une pomme de terre qui ne servirait qu’officiellement qu’à produire de l’amidon. Donc logiquement, nous ne devrions
pas en retrouver dans nos assiettes même si certains Etats européens décident de la cultiver.
L’amidon a de nombreuses applications industrielles. Il sert à la production de papiers glacés, de bétons, ou bien encore d’adhésifs. Même certains cosmétiques
utilisent cette ressource. Voilà, le tableau est peint. Il semble idyllique. Comment pourrions-nous refuser que l’industrie n’utilise pas de la nourriture pour son fonctionnement ? Il s’agirait
réellement d’une bonne chose.
Mais d’un autre côté, déjà, il semblerait que les pommes de terre serviraient aussi à l’alimentation des animaux. Donc au final le consommateur mangerait des OGM sans le savoir. Autant, s’il le
fait de son propre chef, il n’y a rien à dire, autant là, cela deviendrait condamnable. Et puis, enfin, il y a le débat qui oppose les anti-OGM à la « modernité » alimentaire. Les deux camps ont
de bons arguments. Il faut donc dépassionner le débat, attendre de voir ce que chaque pays européens décidera.
Sur un plan politique, l’annonce de cette décision est un cadeau empoisonné pour la majorité présidentielle. Si le gouvernement va dans le sens de la commission européenne, il se mettra les
anti-OGM à dos à quelques jours de la campagne, et au contraire, il s’y oppose, il se mettra à dos une partie des agriculteurs et des pro-avancées scientifiques.
Enfin, avant de juger hâtivement la décision des commissaires européens, attendons d’avoir toutes les pièces du dossier, sinon nous réagirons de manière passionnée et non raisonnée.