Depuis la
campagne électorale des présidentielles, le petit jeu des journalistes est de piéger les politiques sur des questions de « détails ». Elus de gauche et de droite se font prendre à ce petit jeu.
Il y a des niveaux dans les « détails ». Qu’un élu ne connaisse pas le nombre d’hélicoptères, de sous-marins en France ne me choque pas sauf s’il prétend être un spécialiste des forces armées.
Les politiques sont entourés d’experts qui sont censés présenter les situations afin que des décisions soient prises.
Par contre, il y a des chiffres, ceux de la vie de tous les jours, que l’on ne devrait pas oublier. Qu’un politique ne connaisse pas le montant du SMIC net, ou du
moins avoir un ordre de grandeur, (parce que les gens ne vivent pas avec le brut) est triste. M. Moscovici n’a pas su donner le montant du smic (il en était loin d’ailleurs) sur RMC, il y a
quelques semaines. D’autres ne le connaissent pas non plus (dans la majorité ou l’opposition).
Evidemment, pendant la campagne régionale, les questions redoublent. Le sujet principal en Ile de France est les transports. Donc les journalistes s’amusent avec le
catalogue tarifaire épais comme un bottin.
Valérie Pécresse ne connait pas le prix d’un aller simple Paris – Mantes la Jolie, mais elle connait le prix de l’abonnement mensuel. Jean-Paul Huchon estime le prix d’un carnet de métro à 15 € (au lieu de 11,6€). Dans le premier cas, il est inconcevable que les candidats connaissent l’ensemble des tarifs des voyages allers simples. Même les maires des communes concernées ne sont pas tous au courant des montants. Pour info, le carnet de 10 voyages Paris – Noisiel coûte actuellement un peu moins de 35 €.
Par contre, que le président du STIF, de la région, candidat à sa propre succession ne connaisse pas les tarifs de base, c'est-à-dire le prix d’un carnet de 10
ticket de métro (ou bus), est plus inquiétant.
Mais toutes ces questions amènent à une interrogation : qu’attend-on des politiques ? Doivent-ils être des catalogues ambulants, ayant tous les chiffres en tête ou
doivent-ils être des meneurs d’hommes, des porteurs de projets pour les habitants ? Si l’un et l’autre ne sont pas antinomiques, il est tout de même bien dommage que l’on s’interroge plus sur ce
que ne connait pas un homme politique que sur ce qu’il propose.