D’un côté, Brice Hortefeux souhaite le triplement du nombre de caméras de vidéo-protection, le développement des polices d’agglomérations. De l’autre, des
députés UMP désirent donner la possibilité aux maires, qui le désirent, d’être informé de l'arrivée dans leur commune d'un condamné pour des faits graves: viol(s), agression(s) sexuelle(s),
acte(s) de barbarie ou tortures.
Un autre amendement UMP propose de communiquer aux commissariats les noms et adresse de toute personne sortant de prison.
Certes, la sécurité des biens et des personnes est un droit inaliénable qui doit s’appliquer quel que soit le quartier où l’on habite mais stigmatiser toutes les personnes sortant de prison
va-t-il permettre de leur faire retrouver le droit chemin ? Il ne faut pas se leurrer, toute la population sera vite au courant. Montrer du doigt les gens, qui viennent de payer leur dette, comme
des parias ne permettra pas de les intégrer dans la société. Ils seront alors mis à l’écart et donc ils n’auront rien à perdre.
Faut-il alors limiter cette mise à l’index aux condamnés pour les faits énoncés plus haut ? Que va faire le maire ? Va-t-il mettre en quarantaine le quartier où habite l’ancien criminel ?
A mon humble avis, il faut surtout retrouver les forces de l’ordre dans la rue, dans nos quartiers. La vidéo-protection peut être un outil utile dans certains quartiers tout étant évidemment
associé à la prévention.
Brice Hortefeux vient de lancer une idée. Il veut
instaurer un couvre-feu la nuit pour les moins de treize ans déjà délinquants. Après le débat sur l’identité nationale, cette proposition ressemble à un deuxième main tendue vers une frange de
l’électorat. Mais dépassons cette notion purement politicienne. Est-ce applicable ou s’agit-il encore d’un coup médiatique comme les tests ADN ou la loi sur le regroupement dans les halls
d’immeubles ?
Premièrement, comment les autorités vont discerner dans la rue les enfants de moins de 13 ans et déjà délinquants ? D’ailleurs, les effectifs de la police nationale et de la gendarmerie sont-ils suffisants pour effectuer cette nouvelle tâche ?
Si les autorités souhaitent mettre les polices municipales à contribution. Non seulement, il faudra alors donner les fichiers des mineurs délinquants aux mairies mais en plus toutes les municipalités n’ont pas de police municipale et dans la plupart des villes qui en sont pourvues, la police municipale ne travaille pas la nuit.
Alors, bien sûr, les plus jeunes d’entre nous n’ont rien à faire dans la rue en pleine nuit mais peut-on croire que ce projet changera les choses ?
Voilà, les fauves sont lancés. La proie,
vous la connaissez, s’appelle Rama Yade. Son tort ? Oser dire ce qu’elle pense. Elle est parfois malhabile, parfois un peu surprenante. Honnêtement à part ses propos un peu polémique lors des
municipales à Colombes, que peut-on lui reprocher ? Sa sortie médiatique lors de la visite en France de M. Kadhafi ? Non, étant au moment des faits, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme elle
était dans son rôle.
Bien sûr certains silences n’étaient pas nécessaires durant cette période. Mais aujourd’hui, elle est secrétaire d’Etat aux sports. Sa fonction est donc de défendre
le sport et les sportifs. Dans le cas présent, en dénonçant l’amendement d’Yves Bur qui supprime, dès la fin de l’année, le droit d’image collectif (au lieu de 2012), elle tente de protéger les
clubs de foot français d’une désertion des joueurs qui iraient chercher un meilleur salaire dans un autre championnat.
Et bien que je soutienne l’amendement voté, que je ne sois pas un inconditionnel de Rama Yade, je reconnais qu’elle est totalement bien placée pour exprimer des réticences. Nous sommes dans le même cas de figure avec les sénateurs (qui représentent les collectivités) qui s’interrogent sur la suppression de la Taxe Professionnelle, ce que nous pourrions aussi attendre de M.Hortefeux, le ministre des collectivités territoriales.
Certes depuis son refus d’être candidate lors des élections européennes, elle est tombée bien bas dans l’estime du palais mais peut-on reprocher à une personne d’être à sa place ? Il serait peut-être bon de rappeler la meute. Ne peut-on plus s’exprimer au sein du gouvernement ? Ou faut-il absolument être une prise de « l’ouverture » pour pouvoir exprimer quelques divergences de vues ?
Il est un
peu surprenant de voir, d’entendre que tel ou tel personnage de la vie politique française se retrouve téléguider dans un département ou un autre sans y avoir de réelles attaches et parfois même
contre sa volonté. Tous les partis politiques ont pourtant recourt à des parachutages. Au lieu de lancer de nouveaux talents, ils préfèrent se référer aux valeurs sûres de la
politique.
Non seulement, cela ne favorise pas l’émergence d’une nouvelle classe politique, mais en plus cela déconnecte totalement l’électeur de l’élu qui ne connaît guère le contexte local. Chantal Jouanno souhaitait se présenter dans son département, les Hauts de Seine, tout comme Rama Yade. La première conduira la liste à Paris et la seconde est annoncée dans le Val d’Oise.
Benoît Hamon était annoncé dans l’Essonne, puis en Seine et Marne. Au final, il se présentera dans les Yvelines. Par contre, la Seine et Marne accueillera logiquement Marie-Noëlle Lienemann qui après avoir été maire dans l’Essonne, député européenne du Nord, conseillère régionale du Nord et première adjointe à Hénin-Beaumont, viendrait trouver un mandat sur notre département. En tout cas, on voit bien que le PS cherche à muscler la Seine et Marne.
Les voyages forment la jeunesse, forment-ils aussi les politiques ?
François Hollande fait
partie de la douzaine de candidats à la candidature pour 2012. L’homme est souvent dévalorisé alors qu’il est vraiment intéressant. Il a abordé samedi dernier, avec son association “répondre à
gauche” un thème important : la fiscalité. Les dettes sont tellement abyssales, le recours à l’emprunt est tellement fréquent que nous aurons bientôt l’obligation de nous pencher sur le
sujet.
L’argent est le nerf de la guerre. Sans argent, les réformes ne peuvent voir le jour. Sans argent, on ne peut payer les retraites, sans argent, on ne peut payer les salaires des fonctionnaires.
Résultat, la droite cherche à réduire les dépenses pour ne pas augmenter la pression fiscale alors que la gauche augmente les impôts (le CG de Seine et Marne et le CR d’Ile de France en sont l’exemple) sans améliorer le service aux concitoyens et sans pour autant réduire la dette.
François Hollande propose de repenser la fiscalité. C’est d’ailleurs, ce que va faire le gouvernement en taxant les produits
polluants.
L’important est de ne pas laisser aux générations futures le soin de payer notre inaction. Alors se dirige-t-on vers une hausse des prélèvements ? Bien sûr, ce n’est très vendeur, mais il s’agit
d’une interrogation bien pragmatique.