Coups de gueule

Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /2010 11:48

1190620980.jpgDepuis l’élection de Nicolas Sarkozy, nous sommes entrés dans une période où l’émotionnel dirige tout. Un fait divers entraine une loi, un décret ou une mission de réflexion dans les jours qui suivent sans prendre le recul nécessaire à la réflexion. Les événements de Saint Aignan n’échappent pas à la règle. Le président a choisi d’organiser une grande réunion, au sujet des Roms et des gens du voyage, qu’il a d’ailleurs annoncée aux médias en parlant de la « guerre » à la délinquance.

 

 

 

Evidemment le parallèle a fait réagir les gens du voyage qui ne peuvent accepter d’être assimilés à des délinquants.

 

 

Il faut reconnaitre que lorsque l’on parle des gitans, c’est toujours pour évoquer les problèmes engendrés par leur présence. Cela me fait un peu penser aux banlieues dont on ne parle que lorsqu’il y a des voitures brûlées, des affrontements entre la police et des casseurs, etc… C’est vrai que nous avons toujours tendance à ne retenir que les mauvais moments, que les mauvaises facettes.

 

 

Pourtant, comme dans les banlieues, les campements des Gens du Voyage recèlent de valeurs qui font parfois défaut au reste de la population : l’entraide par exemple. Certes les groupes sont souvent fermés mais une fois que l’on y est entré, les gens se comportent comme s’ils appartenaient tous à la même famille. N’ayons tout de même pas un regard angélique car comme dans tous les groupes, il y a des personnes nocives, nuisibles pour la communauté comme pour le reste des citoyens.

 

 

Il faut tout de même bien séparer les Roms et les Gens du Voyage. Les Roms ne sont pas originellement des personnes qui voyagent. Quittant leur pays, elles viennent s’installer en France, mais n’ayant pas les moyens d’acquérir un logement, elles s’installent dans des camps qui ressemblent plus à des bidonvilles qu’à des campings.

 

 

Par contre les Gens du Voyage sont Français depuis des années et des années, contrairement à ce qu’à dit Luc Chatel. Ils circulent sur les routes depuis des générations. Mais le poids de l’âge et les difficultés quotidiennes ont conduit certaines familles à se sédentariser.

 

 

Bien sûr, il faut parler de la délinquance avec les Gens du Voyage et les Roms mais cela doit se faire dans une logique territoriale et non communautaire. Les lois de la République s’appliquent bien à tous que l’on soit parisien, banlieusard, provincial ou Gens du Voyage et même aux maires qui n’ont pas encore créé les aires d’accueil des Gens du Voyage comme cela a été défini en 2000.

 

 

Si cette réunion aborde les sujets des aires d’accueil inexistante ou pas, il faudra regarder les lieux d’implantation. On ne peut pas s’étonner que certains campements sauvages fleurissent alors que des aires d’accueil sont vides étant donné qu’elles sont situées soit dans des lieux quasi inaccessibles, soit dans à des endroits où nous ne mettrions nullement nos enfants (à proximité d’une déchetterie, d’un incinérateur, sous des lignes hautes tensions, etc…).

 

 

Cette réunion sent surtout le coup médiatique en réponse aux événements de Saint Aignan.

 

 

De la méconnaissance de l’autre nait la peur alors essayons de nous connaitre.

 

Par Pierre Tebaldini - Publié dans : Coups de gueule
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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 10:52

plume.gifLes commentateurs se bousculent au portillon pour dénoncer l’échec de la politique de Nicolas Sarkozy dans le domaine de la sécurité publique. Il faut reconnaitre que l’ex-ministre de l’intérieur avait fait un passage remarqué dans son ministère. Il faut aussi avouer que le phrasé de Nicolas Sarkozy et ses répliques maintenant devenues célèbres laissaient présager d’un grand changement en matière d’insécurité.

 

 

Hélas, vous l’aurez sûrement remarqué, il y a toujours des vols, des braquages, des agressions, des violences urbaines. Les cités n’ont pas été nettoyées au « Karcher » et les habitants vivent toujours dans des conditions difficiles. En effet, les médias mettent en lumière des événements particuliers (par exemple à Grenoble) mais au quotidien, les personnes qui vivent dans ces cités subissent les nuisances répétées.

 

 

Lors de sa mission Place Beauvau, Nicolas Sarkozy avait supprimé la police de proximité. Ce n’est sûrement pas la meilleure idée qu’il ait eue. Par contre, certaines collectivités ont pris le relais considérant que la tranquillité et la sureté publique faisaient aussi partie du rôle de maire. Je vois bondir mes amis de « gauche » qui considèrent que seul l’Etat doit intervenir dans ce domaine. Or la loi est pourtant explicite concernant la police municipale : La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques (article L212-2).

 

 

Cela ne veut pas dire pour autant que la police municipale doit avoir les mêmes rôles que la police nationale. La première, dirigée par le maire, peut jouer ce rôle de proximité, de prévention et la seconde gardant l’aspect répressif.

 

 

Le problème est que de nombreux élus ferment la porte à cette solution par simple dogmatisme. On peut évidement s’émouvoir de la baisse des effectifs de la police nationale mais le temps de l’émotion doit faire place au temps de l’action. Les maires ne doivent pas se complaire dans la complainte. Ils doivent prendre des mesures. Tous les citoyens ont le droit à la quiétude

 

 

Evidemment, la première réponse que l’on me fera en ces temps difficiles est le coût. Quand on voit l’explosion des effectifs dans certaines communes, il n’est pas inconcevable de croire que la mise en place d’une politique de police de proximité ne soit pas si compliqué, si onéreuse. Enfin, s’il est vraiment impossible de réaliser des économies sur certains postes afin de ne pas avoir à augmenter la fiscalité, je pense que les habitants ne seraient pas contre une légère augmentation d’impôts si le service est vraiment rendu.

 

 

Oui, on ne peut pas dire que la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy soit une grande réussite mais si l’on veut réellement avancer sur le sujet, il faut que cela devienne une priorité de tous les élus. Je ne sais pas si « Ensemble tout devient possible » mais je suis persuadé qu’ensemble on peut faire reculer la délinquance.

 

 

 

Par Pierre Tebaldini - Publié dans : Coups de gueule
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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 17:44

economie.jpgQue la vie politique est épineuse quand elle devient, à ce point, malveillante. Les uns accusent, les autres réfutent et menacent et pendant ce temps là, certains se frisent les moustaches alors qu’ils agissent aussi de la sorte mais qu’ils ne sont pas sur le devant de la scène. Les campagnes électorales, les tracts, les affiches coutent énormément. C’est une certitude.

 

 

Alors comment font les partis pour exister hormis le financement légaux ? Quelles sont les combines à la limite du légal ?

 

 

On parle beaucoup des micro-partis qui permettent à chaque candidat d’assumer ses frais sans pour autant utiliser les fonds du parti. C’est légal. Cela devient moins moral quand le micro-parti reverse l’argent à un grand parti ou quand le donateur fait aussi un don à un parti national. Mais il y a tellement d’autres manières de faire.

 

 

Il suffit de donner de l’argent à une association (non parti politique). Là, il n’y a pas de plafond de dons comme en politique (hum… Pierre Bergé a donné beaucoup d’argent à Désir d’Avenir par exemple). On peut aussi citer plusieurs autres méthodes. Par exemple, la mise à disposition d’un local est un acte fréquent (quantifié et monnayé lors des élections) cela explique pourquoi certains partis arrivent à avoir des locaux un peu partout. Il y a aussi les factures directement réglées par un tiers ou une entreprise (pour un tract, des timbres, etc…).

 

 

Les vierges effarouchées qui crient ne pas avoir eu de relations avec ces méthodes sont bien souvent les plus perverses. N’est-ce pas le Front National qui s’est vu avancer de l’argent par un particulier nommé Fernand Le Rachinel ? Il y en a pour plusieurs millions d’euros. On ne parle pas non plus des partis d’extrême gauche qui vivent aux crochets de donateurs généreux et mystérieux.

 

 

Parler des ressources des partis, cela peut être un sujet intéressant bien que fastidieux mais honnêtement, les citoyens ont-ils vraiment l’envie de connaitre d’où vient l’argent qui a payé un tract ou préféraient-ils connaitre les idées et les réalisations de chacun ?

 

Par Pierre Tebaldini - Publié dans : Coups de gueule
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /2010 16:23

carte-electorale-2007.jpgL’argent ne fait pas le bonheur mais peut-il faire une élection ? Voilà la question que va poser le juge à Madame Sylvie Andrieux (député et conseillère régionale PS). Elle est soupçonnée d’avoir financé par le biais d’associations fictives l’achat de voix pendant différentes élections. 700 000 euros auraient été versés, entre 2005 et 2007, à des associations qualifiées de «coquilles vides», dans le cadre de la politique de la ville, une des délégations de Sylvie Andrieux, à la région, apprend-on dans le Figaro.

 

 

Il est bien connu et bien dommage que lorsqu’une association perçoit des subventions d’une collectivité, cette dernière attend en retour une bonne publicité. Mais le problème dans le cas présent est encore ailleurs. En effet, les « associations » qui percevaient des aides financières n’existaient que sur le papier. L’argent servait donc à bien d’autre chose.

 

 

Un ancien collaborateur de la député socialiste a révélé que cet argent aurait servi à acheter des voix pour les élections législatives. Si cela est avéré comme cela semble être le cas, nous pouvons nous demander s’il s’agit d’un système institutionnalisé ou juste un fait isolé ? L’argent des citoyens est-il utilisé par quelques uns à leur profit ?

 

 

Il ne s’agit bien évidemment pas de faire une généralisation, de dire que tous les politiques sont des pourris mais bien d’attendre les résultats de l’enquête et ensuite se débarrasser des personnes qui ont abusé de l’argent publique et des privilèges. Et hélas, il y a sûrement des brebis galeuses dans tous les partis, alors avant de polémiquer sur un cas ou un autre, il est important de bien faire la part des choses.

 

 

Le système s’améliore au quotidien, ne nous laissons pas aveugler par la médiatisation des affaires ou des pseudo-affaires.

 

Par Pierre Tebaldini - Publié dans : Coups de gueule
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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /2010 11:33

baillon.jpgDepuis quelques semaines, « les affaires » se succèdent à une vitesse impressionnante. C’est toujours intéressant de remarquer le timing des « révélations ». En effet, les scandales ne tombent jamais pendant les vacances mais toujours à l’approche des moments importants de la vie publique. Les hommes politiques attendent toujours les bons instants pour glisser les peaux de bananes. Cela se fait soit à la veille d’un scrutin soit à la veille d’un texte important.

 

 

Je ne juge pas ici le fond « des affaires », je ne cherche pas à démêler le faux du vrai, à prendre position. Je veux juste mettre en avant une pratique guère honorifique pratiquée par de nombreux hommes politiques : la déstabilisation.

 

 

Dans la Grèce antique, on tuait les messagers qui apportaient des nouvelles dérangeantes, car on assimilait bien souvent le message au messager. Aujourd’hui la méthode a un peu évolué sur la forme mais dans le fond, on retrouve le même procédé odieux. Pour rendre le message inaudible, non crédible, il est de bon ton de s’attaquer aux messagers. Il faut reconnaitre que c’est plus facile de s’attaquer à un homme qu’à ses idées. Dans le premier cas, il n’y a que des critiques. Dans le second, il faut aussi émettre des contre-projets et là c’est plus difficile.

 

 

Il y a eu « l’affaire Soumaré » pendant les élections régionales. Aujourd’hui, il y a « l’affaire Woerth » qui voit le jour au moment où celui-ci est sous les feux de la rampe. Encore, si les enregistrements n’avaient que quelques jours, on pourrait croire en une simple coïncidence mais ce n’est pas le cas. Honnêtement, je crois que les Français ont besoin que les débats se portent sur les projets, sur les propositions et non sur les messagers. Si le messager n’a pas les mains propres alors la justice doit faire son travail mais les querelles politiques ne doivent pas se jouer à ce niveau mais bien sur celui des débats d’idées, projet contre projet.

 

 

Le pire est qu’à force de toujours critiquer leurs adversaires politiques les tribuns de la scène publique donnent une image déplorable de ceux qui s’investissent pour les autres. Combien de Français ne croient plus en l’homme publique, combien de Français ne croit plus en la politique, combien de Français pense «de toute façon tous les mêmes » ? Beaucoup trop !

 

 

Attaquer les idées, les projets, les réalisations, c’est normal. Attaquer l’homme, c’est petit et cela appelle bien souvent à un retour de bâton !

 

Par Pierre Tebaldini - Publié dans : Coups de gueule
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